Regards
Les questions liées aux origines, à des degrés divers, recoupent différents domaines: administratif, juridique, mais aussi psychique, social, culturel, ethnique, voire politique. Elles renvoient à d’autres interrogations, sur la place au sein de la famille actuelle, voire de la société, sur le rapport que l’on peut entretenir avec le lieu ou la famille de naissance. Ces questions se réactivent parfois, sur des modes divers, à différents stades de la vie.


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Les professionnels



Les professionnels


Françoise Vallée, psychologue clinicienne, exerce à Nantes dans le service d’adoption de l’aide sociale à l’enfance, où elle est chargée de l’agrément et de l’accès des personnes adoptées à leur dossier. Elle est l’auteur de nombreux articles et a notamment cosigné, avec Sophie Marinopoulos et Catherine Sellenet, Moïse, Œdipe, Superman… de l’abandon à l’adoption (Fayard, 2003).

Elle partage avec nous trois articles:

• L’accompagnement des bébés remis à la naissance: favoriser le passage de la famille d’accueil vers la famille adoptive (février 2007)

En 1961, M. DAVID et G. APPEL ont essayé d’instaurer de manière expérimentale des soins personnalisés auprès des nouveaux-nés placés en pouponnière afin de lutter contre les carences. Elles se sont heurtées à des difficultés exprimées par les auxiliaires de puériculture bien qu’elles étaient  «volontaires et enthousiastes pour ce projet»: toutes ont éprouvé une absence réelle de contact avec les nouveaux-nés qui n’étaient rien pour elles.
Il leur fallait plusieurs semaines pour réaliser que ce bébé pouvait éveiller des sentiments chez elles. Aussi, ressentaient-elles un grand malaise par ce manque d’intérêt. Soit, elles se culpabilisaient, soit elles incombaient au bébé toutes sortes de projections négatives qui pouvaient aller jusqu’à une véritable aversion.
A l’inverse quand un lien commençait à se créer, il leur était alors difficile de laisser le bébé pour s’occuper des autres enfants. Elles ressentaient alors que leur place de substitut maternel venait se confronter à la place de la mère. Aussi,le départ de l’enfant était douloureux du fait de cet attachement dont elles se protégeaient.

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• La quête des origines chez l’enfant adopté: une étape nécessaire pour sa construction psychique (février 2007, coécrit avec Françoise Tendron)

Les multiples témoignages de personnes adoptées, les différentes études sur la spécificité de l’adoption, la parole des enfants lors des consultations, nous permettent d’affirmer que l’enfant adopté a des besoins spécifiques qu’il faut savoir entendre pour l’aider à cicatriser certaines blessures et consolider les liens affectifs tissés avec ses parents adoptifs.
Les parents doivent identifier ce que ressent leur enfant, clarifier ses contradictions internes quant à ses origines pour l’aider à reconstruire son histoire, à la rendre cohérente et unifiée.
La question des origines peut s’entendre sous deux pôles : celui des fantasmes en lien avec le secret des origines, la construction du roman familial … et celui de la réalité historique en lien avec les évènements qui ont jalonné la vie de l’enfant.
Aussi, navigue-t-on toujours entre ces deux pôles.

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• Le bonheur dans l’adoption (2008: intervention dans le cadre d’une formation organisée par EFA 66)

Il n’y a aucune définition objective du bonheur, il n’est pas identique pour deux personnes.
Il dépend d’une multitude de facteurs:
Il est tributaire de l’éducation qu’on a reçue, de son histoire dans le roman familial, du sexe, de l’âge, des croyances et des désirs de chacun.
Il se définit aussi en référence au lien symbolique, c’est-à-dire au système de valeurs et à la culture d’une société à une époque précise.
Contrairement à certaines certitudes, le bonheur ne dépend pas d’un manque réel, dont le comblement garantirait la félicité en permanence.

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