Autour des origines
La personne adoptée a droit à son histoire, a droit à avoir dès son enfance, en harmonie avec les étapes de son développement, des informations qui puissent l’aider à répondre aux questions:
- Qui je suis?
- D’où je viens?
- Pourquoi je suis là?

Ces interrogations varient en intensité et en nature selon les étapes de développement de l’enfant et son âge. Il est important de respecter ce développement, d’adapter les réponses.



Dans cette page:

Respecter le rythme et le développement de chacun
Parents, amis, entourage: quelle attitude observer?
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Respecter le rythme et le développement de chacun

Il est important que les parents aient une écoute attentive mais sereine qu’ils puissent communiquer, sans pour autant anticiper ni extrapoler : ce n’est pas parce qu’un enfant pose des questions qu’il faut sortir le dossier ou lancer une enquête pour rechercher des informations qu’on n’a pas ; ce n’est pas parce qu’un enfant dit que sa mère de naissance lui manque qu’il faut retourner dans le pays d’origine ou saisir le CNAOP.

Les histoires sont singulières, les situations varient d’une personne à une autre. Les besoins et les attentes aussi : des bribes d’information, une anecdote, une photo de la pouponnière ou de la famille d’accueil, une prise de connaissance des éléments d’un dossier (jugement d’adoption, PV de remise de l’enfant, dossier ASE, etc.), des images de la ville ou du pays, une chanson, des objets du pays, un retour dans le pays, un nom, une rencontre, rien…

Certaines personnes n’auront de cesse d’en savoir plus, de rechercher des traces, de susciter une rencontre, avec un parent, un frère, une sœur. Certaines n’entreprendront jamais une démarche, ne sembleront jamais manifester un intérêt pour leur histoire antérieure à leur adoption. D’autres se forgeront un roman familial qu’elles ne chercheront pas à vérifier dans les faits. D’autres encore choisiront l’écriture, l’art, le théâtre, l’engagement social ou humanitaire pour explorer par des voies détournées des situations diverses de quête, abandon, rencontre, recherche… chacun est libre de se construire et de s’exprimer avec les outils qu’il s’appropriera.

Beaucoup passeront par différentes étapes, à différents moments de leur vie.

Origines et éthique : Beaucoup disent, devenus adultes, l’importance d’avoir senti dans l’attitude de leurs parents une disponibilité sur le sujet, qu’il n’y a pas de zone d’ombre : une démarche d’adoption pourra avoir une incidence sur la manière dont une personne adoptée va aborder la question des origines.

La recherche est une liberté propre à chacun, elle n’est pas une obligation.
D’où l’importance de respecter chaque type de démarche (ou non-démarche).


Les interrogations varient d’un type d’adoption à une autre, il en va donc de même pour les réponses familiales, administratives, de soutien, qu’on pourra proposer. Dans tous les cas, tous les enfants adoptés ont un document qui établit un lien entre leur passé et leur entrée dans leur famille adoptive : le jugement d’adoption, même s’il ne contient pas toutes les informations, retrace et légitime l’histoire de ce passage.


Parents, amis, entourage: quelle attitude observer?

Parents d’un mineur
Patience, écoute, soutien, disponibilité tout en se maintenant en retrait : l’enfant/adolescent doit savoir qu’on est prêt à le soutenir et à l’accompagner.
- L’aider à formuler sa demande
- Inscrire la demande dans la durée
- S’adapter à ses changements : je veux/je ne veux pas
- Se rapprocher si on en ressent le besoin d’un spécialiste (psychologue privé ou ASE, pédiatre, pédopsychiatre, médiateur spécialisé) qui peut aider à décoder : parfois un suivi ou des entretiens médiatisés ou séparés peuvent être bénéfiques.

Mais attention : il faut veiller à ne pas « pathologiser » les questionnements.

Du côté d’un adulte en questionnement sur ses origines
Avant d’entreprendre une démarche, s’interroger, inviter à s’interroger sur les motivations, l’investissement, les lenteurs, les difficultés, les risques du cheminement : possibilité de déception ou au contraire d’un surinvestissement affectif du pays, des personnes retrouvées, etc.
Dans les cas où on recherche un parent : essayer de comprendre ce que cela peut supposer pour l’autre.
Échanger avec d’autres personnes qui ont déjà fait des recherches (associations de personnes adoptées), trouver de l’écoute, se rapprocher si on en ressent le besoin d’un spécialiste (psychologue privé ou ASE, médiateur spécialisé).


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Vous trouverez dans cette rubrique « La question des origines » plusieurs pages consacrées aux démarches en France, aux démarches à l’étranger