19 février 2008 : Adoption internationale - statistiques 2007
Comme l’on pouvait s’y attendre, le nombre d’enfants adoptés à l’étranger a très fortement chuté en 2007.
3162 visas ont été accordés pour des enfants arrivant de l’étranger, ce qui marque une baisse de 20,5 % par rapport à l’année 2006.

Les enfants sont originaires de 74 pays (69 en 2006) et les dix premiers pays d’origine représentent 76 % des adoptions internationales (79 % en 2006).

Les principaux pays d’origine : très nette baisse de la Chine et du Vietnam
Les principaux pays d’origine sont, dans l’ordre : l’Éthiopie (417 contre 408 en 2006), Haïti (403 contre 571 en 2006), la Russie (402 contre 397 en 2006), la Colombie (375 contre 321 en 2006), le Vietnam (268 contre 742 en 2006), la Chine (176 contre 314 en 2006), le Mali (135 contre 109 en 2006), l’Ukraine (99 contre 88 en 2006), la Thaïlande (71 contre 69 en 2006), Brésil (66 contre 95 en 2006) le Burkina Faso (66 contre 89 en 2006), Madagascar (62 contre 117 en 2006), Côte d’Ivoire (54 contre en 2006), …

Si la part des enfants arrivés des pays signataires de la convention de La Haye, augmente (38 % contre 32 % en 2006), les trois premiers pays d'origine pour les adoptions en France n’ont pas signé cette convention.

La nouvelle répartition géographique
L’importante diminution de la part des enfants originaires d’Asie a entraîné une nouvelle répartition géographique : l’Afrique devient le premier continent d’origine des enfants (30 % contre 25 % en 2006 avec un nombre d’enfants à peu près stable : 959 contre 992 en 2006), viennent ensuite les Amériques avec 28 % des adoptions (26 % en 2006) mais une baisse de 15 % du nombre d’enfants adoptés (888 contre 1042 en 2006), l’Asie avec 21 % (32 % en 2006) et une baisse de 48 % du nombre d’enfants (656 contre 1273 en 2006), et enfin l’Europe représente 21 % (17 % en 2006) pour un nombre d’adoptions stable (659 contre 670 en 2006).

Des enfants plus âgés
23,5 % des enfants (contre 31 % en 2006, pour l’essentiel, il s’agissait d’enfants adoptés au Vietnam) étaient des bébés de moins d’un an, chiffre qui corrobore la tendance ressentie ces dernières années d’une augmentation de l’âge des enfants adoptés à l’international. 19,3 % avaient entre un et deux ans (22 % en 2006), 34,2 % avaient entre deux et cinq ans (28 % en 2006) et 23,1 % avaient 5 ans et plus (19 % en 2006).

Les différents types de démarches
Les adoptions se sont réparties entre les démarches individuelles (37,9 %), l’adoption par les OAA (organismes autorisés pour l’adoption, 41,8 %), par l’AFA (19 %) et via l’Autorité centrale (1,2 %). Parmi les OAA, Médecins du monde a réalisé 214 adoptions (forte baisse depuis 2005 : 242 en 2006 et 312 en 2005). Les autres OAA : Destinées (102 contre 64 en 2006), Amis des enfants du monde (101 contre 85 en 2006), Children of the sun (97 contre 71 en 2006), Les enfants de reine de miséricorde (93 contre 116 en 2006), Rayon de soleil de l’enfant étranger (en très forte baisse : 74 contre 135 en 2006 et 173 en 2005), Les enfants avant tout (70 contre 66 en 2006), Orchidée adoption (58 contre 53 en 2006) …

Quelles sont les causes de la chute du nombre des adoptions en France ?

Au niveau international, cette baisse des adoptions se rencontre dans la quasi-totalité des pays d’accueil, on annonce une baisse de 10 % depuis 2004 dans les plus importants pays d’accueil (USA, Canada, France, Espagne) :
- au Québec l’adoption internationale a représenté 496 arrivées d’enfants en 2007 contre 528 en 2006 et 600 en 2005 ;
- aux USA où les adoptions internationales ont représenté 19292 arrivées d’enfants en 2007 contre 20679 en 2006 et 22728 en 2005 ;
- en Espagne, les adoptions nationales et internationales confondues représentaient 4472 arrivées d’enfants en 2006 contre 5423 en 2005.

Seule, l’Italie annonce une augmentation des adoptions internationales : 3420 en 2007 contre 2974 en 2006 (stats téléchargeables sur http://www.commissioneadozioni.it/FileServices/Download.aspx?ID=353).

Les raisons invoquées de cette baisse généralisée sont multiples : développement des adoptions nationales et des dispositifs de protection de l’enfance dans les pays d’origine des enfants, mise en place de la convention de La Haye, fin des procédures individuelles au Vietnam, allongement des délais (notamment en Chine), etc.

Du côté de la France, les difficultés de mise en place de l’AFA, le manque de lisibilité pour les pays d’origine des missions de l’AFA et de la répartition des actions avec l’Autorité centrale ont probablement aussi joué un rôle non négligeable dans cette baisse importante du nombre des adoptions internationales.

Ces statistiques sont consultables en totalité sur le site du SGAI