Mai 2007 : urgence au Darfour
Actualités
Communiqué

Le drame qui se déroule depuis de trop longs mois au Darfour ne peut qu’émouvoir et susciter de la colère, un désir de dire « stop » dans les actes. Ces derniers jours, un communiqué de l'association « l'archedezoé » pour sauver des enfants du Darfour a été largement diffusé sur plusieurs groupes de discussion, dont celui d'EFA. Cette association se propose de faire accueillir puis adopter 10000 enfants du Darfour de moins de 5 ans par des familles en France et dans d’autres pays.

Cet organisme, comme d’autres œuvrant sur le terrain, connaît la situation effroyable des enfants. Pour autant, nous invitons les familles à la plus grande prudence. Comme dans tous les cas de conflit ou de catastrophes naturelles rien ne prouve que tous ces enfants soient sans famille, les recherches les concernant peuvent être longues et déboucher sur des constats de non adoptabilité, des demandes ultérieures de restitution des enfants par des parents ou la famille élargie. Ce fut le cas pour des enfants du Rwanda, à l’issue du génocide, avec des conséquences dramatiques pour certaines familles, dans le cas d’enfants accueillis qui ne purent être adoptés et qui durent être "rapatriés".

L’expérience du Rwanda a montré que des enfants très traumatisés par ce qu'ils ont vu ou vécu nécessitent un accompagnement et un soutien très importants. Ce type d’accueil correspond à celui d’enfants dits à particularité. Ensemble, nous pouvons trouver des façons d’exprimer auprès de nos responsables politiques et des institutions notre révolte, de soutenir des projets divers : villages d’enfants, regroupements intergénérationnels, voir par exemple l’article posté le 4 mai sur le site de l’UNICEF ou les analyses sur le site de Médecins Sans Frontières, actions des collectifs Urgence Darfour et Sauver le Darfour, ainsi que d’autres organismes.

Aucun d’entre eux n’évoque l’adoption comme une réponse à ce drame.

Veillons à ne pas mélanger colère citoyenne, solidarité humanitaire et projets familiaux. Exprimer activement notre solidarité est une chose, fonder une famille en est une autre. Un geste généreux, impulsif, n’est pas toujours la meilleure réponse à l’intérêt d’un enfant.

Enfance et Familles d'Adoption, 5 mai 2007
Mise à jour le Jeudi, 01 Janvier 2009 16:02